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TAUX-France-Le rendement de l'OAT à dix ans grimpe à 5,14% (actualisé)
information fournie par Reuters 22/10/2026 à 12:08

(Actualisé avec évolution du taux de l'OAT, précisions, contexte, commentaires d'analyste)

Le rendement des obligations souveraines françaises à dix ans a atteint jeudi un nouveau sommet de 24 ans, les inquiétudes quant à la capacité du pays à redresser ses finances publiques maintenant les investisseurs dans l'expectative, tandis que certains experts estiment qu'un cercle vicieux est déjà enclenché.

Vers 09h00 GMT, le rendement de l'OAT à 10 ans FR10YT=RR bondit de 13,6 points de base, à 5,12%, au plus haut depuis 2002, après avoir grimpé en séance à 5,1415%. Il avait franchi la barre des 5% mercredi pour la première fois depuis juillet 2002.

Comparativement au rendement des bons du Trésor américain

US10YT=RR , qui s'affiche jeudi en repli de 6,4 points de base, à 5,0815%, le taux de l'OAT dépasse pour la première fois depuis 2013 celui des Treasuries de même échéance.

Le rendement de référence des obligations du Trésor américain s'éloigne jeudi de son sommet de 24 ans, à 5,365%, atteint au début du mois-ci, dans un contexte d'afflux vers les actifs souverains outre-Atlantique, jugés plus sûrs et de craintes concernant les titres technologiques.

Même si le statut de valeur refuge des obligations américaines d'Etat a été récemment remis en question compte tenu du niveau d'endettement élevé des principales économies, dont celle des Etats-Unis, les investisseurs semblent privilégier pour le moment la sécurité offerte par les Treasuries.

Les prix et les rendements des obligations évoluent de manière inverse.

Outre les tensions sur l'OAT, la prime de risque par rapport au Bund allemand à dix ans DE10FR10=RR se creuse jeudi à 167,8 points de base, l'écart le plus important depuis 2011, reflet de l'inquiétude des investisseurs quant aux perspectives budgétaires de la France.

Mercredi, les principales organisations syndicales ont appelé à un mouvement d'ampleur le 5 novembre - la CGT lançant même un mot d'ordre de grève générale - après avoir été reçus à Matignon par le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour faire le point sur la crise sociale qui secoue le pays.

"Les tensions sociales compliquent encore davantage le vote du budget, alors même que l'exécutif ne dispose pratiquement d'aucune marge pour répondre par de nouvelles dépenses ou des baisses d'impôts", souligne dans une note Charlotte de Montpellier, analyste macroéconomie chez ING France.

"La France n'a donc ni l'espace budgétaire pour acheter la paix sociale, ni l'espace politique pour imposer facilement l'ajustement nécessaire", ajoute-t-elle.

MOODY'S REND SON VERDICT VENDREDI

Une dégradation de la note souveraine française est attendue ce vendredi par l'agence de notation financière Moody's, qui a posé au début du mois un diagnostic pessimiste sur la situation politique et économique de la France, jugeant très incertain qu'un compromis puisse être trouvé au Parlement sur le projet de loi de finances, qui prévoit 43 milliards d'euros d'économies.

La note souveraine de la France attribuée par Moody's est actuellement Aa3 avec une perspective négative.

"Le rendement de l'OAT française à dix ans a franchi la barre symbolique des 5%, tandis que le spread avec le Bund allemand dépasse les 160 points de base, contre 137 points vendredi dernier", poursuit Charlotte de Montpellier, y voyant des signes d'une confiance ébranlée dans le papier français.

"Ces mouvements reflètent aussi bien la hausse des doutes sur la capacité de tout futur gouvernement à faire adopter les réformes et les économies nécessaires que les craintes qui pèsent sur les perspectives économiques françaises", a-t-elle conclu.

Même si le climat des affaires dans l'industrie en France a progressé plus que prévu en octobre par rapport au mois précédent, s'établissant à 105 points, selon l'enquête mensuelle de conjoncture publiée ce jeudi par l'Insee, ING estime que cette éclaircie est déjà rattrapée par les récents événements.

Selon ING, l'enquête ne prend pas encore en compte les conséquences des dernières tensions sociales, alors que la hausse des taux, la faiblesse du marché du travail et la dégradation des finances publiques assombrissent davantage les perspectives.

L'incertitude politique à l'approche de l'élection présidentielle d'avril-mai et les difficultés à faire adopter le budget plombent en outre l'optimisme des investisseurs à un horizon de six mois.

ING dit tabler sur une croissance limitée du produit intérieur brut (PIB) à 0,3% pour cette année et à 0,6% en 2027, tandis que les risques sont orientés vers une nouvelle révision à la baisse de cette prévision.

(Claude Chendjou; avec la contribution de Stefano Rebaudo; édité par Benoit Van Overstraeten)

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